PARIS FC – Stéphane Gilli, une belle histoire à l’issue inéluctable
C’est dans le vestiaire du Stadium, après le match nul (1-1) obtenu face à Toulouse que Maxime Lopez et ses coéquipiers ont été informés de la nouvelle. Stéphane Gilli n’est plus l’entraîneur du Paris FC. Beaucoup d’entre eux, particulièrement ceux qui ont vécu la montée en Ligue 1 en mai dernier étaient très touchés, voire tristes. Le coach avait en effet une relation quasi-filiale avec Kebbal et d’autres.
Informé de son éviction après la défaite contre Lens
Si ses joueurs sont tombés des nues hier, Gilli a été informé par son board de son éviction en début de semaine, après la claque reçue face à Lens (0-5). L’homme aux 104 matchs sur le banc Parisien a dirigé les séances comme si de rien n’était, afin que ses joueurs puissent préparer le match à Toulouse sereinement. Signe d’un professionnalisme à toute épreuve et d’un respect pour le club, ce dont personne ne doutait.

L’héritage de la Ligue 2
Arrivé en juillet 2023 en tant qu’entraîneur principal, il n’était pas inconnu du Stade Charléty, lui qui fut adjoint de Bazdarevic, puis de René Girard entre 2018 et 2020. Pour son retour au club en tant que numéro un, il avait placé le Paris FC à la 5è place de Ligue 2. Il avait déjà Nkambadio, Chergui, Mbow, Kolodziejczak, Ollila, Camara, Marchetti, Doucet, Gory, J.Lopez et Kebbal sous ses ordres. La liste de fidèles soldats est longue.
La seconde campagne sera la bonne. Le club racheté en cours de saison par la famille Arnault, Gilli et ses joueurs sont soudainement devenus la bête à épier. Des renforts de choix viennent étoffer l’effectif pour l’occasion (De Smet, Max Lopez, Cafaro & Krasso). Et en mai 2025, le Paris FC est enfin de retour en Ligue 1, une première depuis 1972, terminant second à deux points de Lorient, champion.
Un recrutement catastrophique
Le parallèle avec les Merlus est intéressant. Promu lui aussi, le club dirigé par Olivier Pantaloni est aujourd’hui dixième de Ligue 1, malgré un budget nettement moindre. Gilli semble payer un recrutement raté de bout en bout, entre les 20 millions d’Euros dépensés pour la passoire Otavio, la saison catastrophique de Moses Simon, le flop XXL Geubells (8M), Jonathan Ikoné arrivé sur une jambe et l’irrégularité d’Hamari Traoré.
Seul Lees-Melou avait tout de la bonne pioche, après l’échec Benjamin André. Mais l’ancien Brestois revenait d’une grave blessure au tibia, et a rechuté en novembre dernier. Moment où la saison parisienne a commencé à virer à l’aigre-doux.
La blessure du milieu de terrain face à Lille correspond à la baisse de régime du Paris FC. Son absence a poussé Gilli a évoluer peu à peu vers une défense à cinq, et a renier ses idées de jeu. L’urgence de résultats n’y était également pas étrangère. Malgré le coup d’éclat au Parc des Princes en Coupe de France contre le PSG (0-1) et une victoire contre un FC Nantes qui ne fait peur à personne, ce changement tactique a amené une tristesse dans le jeu. Apôtre du jeu protagoniste, Gilli a cédé à la pression, en s’obstinant à laisser Otavio dans son onze de départ malgré les multiples cagades du Brésilien, où en passant avec ce système avec cinq défenseurs.
Kombouaré, la solution du court terme?
Stéphane Gilli n’a jamais réellement eu son mot à dire sur le recrutement, et en ce sens, il apparaît comme le fusible idéal. Mais la spirale était trop négative : depuis la victoire en trompe l’oeil et les exploits de Trapp à Monaco, le Paris FC n’a remporté qu’un match sur douze en Ligue 1. Le jeu ne s’est pas amélioré, même si Munetsi et Koleosho semblent être des recrues correctes. En revanche, les arrivées de Ciro Immobile et de son compatriote Diego Coppola ne sentent pas les bonnes pioches pour l’instant. Si l’ancien de la Lazio inscrit quelques buts qui empêchent le club de passer par la case barrage, le pari sera réussi. Réussi, mais court-termiste. Court-termiste comme le choix d’Antoine Kombouaré pour lui succéder sur le banc ?
