Paris FC : Antoine Arnault, les promesses de l’ombre
- Arrêter les interviews 100% communication
- Ne jamais suivre les conseils des journalistes français
- Arrêter les « panic-buy » >>> mauvais mercato
- L’argent n’est pas roi du football
La saison du PFC commence par un paradoxe ; un mercato faible sportivement mais financièrement cher.
Pire, plusieurs panic-buys comme Ikoné ou Traoré. Elle s’accompagne d’interviews hallucinantes au format publicitaire, c’est à dire vide de sens. La définition de l’ineptie. Par exemple sur RMC dans l’émission Rothen s’enflamme :
« On a toujours été très clairs: on ne voulait pas fausser le marché dès notre arrivée. Cela aurait envoyé un très mauvais message et on se serait fait pigeonner par la suite. Je crois qu’on n’a pas fait d’erreurs et on va continuer ainsi. Quand on nous propose des prix absurdes, on raccroche tranquillement en disant merci, et on passe à la suite. »
En résumé : Nous ne sommes pas des pigeons mais nous allons beaucoup acheter au mercato hivernal, sic.
Dans le monde du football, le bon travail évite la lumière des projecteurs alors que dans le business, tout est communication.
Qui conseille Antoine Arnault lors de cette mauvaise interview ?
À Jean Bouin, toujours seulement deux victoires en Ligue 1, la dernière en date : le match face à Lorient remporté le 3 octobre dernier. Catastrophe. Pris de panique, la tactique sportive change: le coach passe d’un ambitieux 4-3-3 à un morbide 5-2-3. Choix renforcé par une qualification trompe-l’oeil au Parc des Princes en Coupe de France. S’enchaine alors des matchs insipides ou l’ambition maximale se situe entre le hold-up et le match nul.
Si la situation est morose sportivement, elle est loin d’être désespérée.
La première urgence ? Secouer les convictions qui ont mené au renvoi de Stéphane Gilli en pleine saison.
Antoine Arnault écoute trop les journalistes français
Certaines sources évoquent des journalistes sportifs qui distillent des conseils au PFC, dont Daniel Riolo et Pascal Praud. Plus tard dans l’après-midi, Romain Molina cite également un journaliste de L’Equipe du soir. Si tout est vrai, c’est un terrible aveu d’incompétence.
Prenons 1998. Le journal L’Équipe défonce le sélectionneur Aimé Jacquet avant et pendant la compétition. iI finira champion du monde.
Plus récemment, le cas Luis Enrique. « Un sale type » pour Daniel Riolo « qui n’a jamais vu un PSG aussi nul« . Pour Bertrand Latour sur Canal+ « le PSG doit acheter des stars, c’est comme ça qu’on fait une équipe de foot. » Quelques semaines après, le PSG était Champion d’Europe.
L’art du conseil made in France
Prenons le cas Donnarumma. Toute la saison, l’Italien a été attaqué sur chacune de ses erreurs, ce qui est plutôt normal. Mais il a aussi été attaqué sur des actions sans conséquences, sur des supposés : « ca aurait pu… ».
A l’inverse, le français Lucas Chevalier bénéficie d’une immunité. Même après ses contre-performances nombreuses et récurrentes, les journalistes français estiment qu’il y a débat entre les deux gardiens cette saison. Hallucinant ! La prise de pouvoir de Safonov prouve qu’il n’y a pas photo entre le nouveau portier de City et celui qui a été annoncé trop rapidement comme le futur gardien des Bleus.
Le football est un projet de jeu auquel on fait adhérer des joueurs et des supporters, le tout chapôté par une institution inviolable.
Quelle est la promesse du Paris FC ?
La réponse est devenue confuse, voir inexistante. En optant pour le Kanak préféré des Parisiens, Antoine Kombouaré, la direction du PFC annonce des ambitions à la baisse.
Terrorisés par la descente, ils sacrifieront tout pour se maintenir.
Dans notre édition de samedi, nous évoquions la possibilité Thiago Motta. Cela aurait été risqué mais si le pari était gagnant…
Alors oui, faire sauter en pleine saison Stéphane Gilli est sûrement logique au vu de la mauvaise dynamique sportive parisienne. Mais enchainer les panic-buy en fin de mercato, c’est tragique.
Des critiques injustes
Plus surprenant, la presse. Dire que le PFC a mis 100 millions d’euros de transfert été puis hiver 2025, c’est faux puisque le recrutement Rémois Patrick Zabi entrerait dans les comptes de la saison de prochaine. Cela fait tomber la facture de transfert à 75 millions d’euros pour l’exercice en cours.
Antoine Arnault ne tarit pas d’éloge sur la future recrue du club : « Depuis notre arrivée au Paris FC, nous inscrivons notre projet sur le temps long. Le recrutement l’été prochain de Patrick Zabi, l’un des jeunes joueurs les plus prometteurs de sa génération, s’inscrit parfaitement dans notre démarche. Sa technique et son impact devraient contribuer la saison prochaine à accompagner la progression de notre équipe »
Il faut bien rattraper un retard structurelle sur les équipes du bas de la Ligue 1 ou du haut de la Ligue 2. Ces clubs ont des histoires, des structures, etc
Là où le PFC change tout l’été de la montée en Ligue 1, les autres clubs s’appuient sur leurs fondations. Paris a voulu aller plus vite, manquant d’humilité et de sagesse.
Et puis les journalistes français adorent parler d’argent. cela justifie les succès du PSG et la médiocrité de la Ligue 1. Or, quand en Ligue des Champions, l’OM se fait éliminer par des budgets dignes du ventre mou de notre championnat, plus personne ne parle de logique financière. Les Phocéens ont quand même 250 millions d’euros de budget et à l’heure actuelle, ils sont quatrième de Ligue 1. Autre exemple encore plus parlant, le club Norvégien Bodø/Glimt, qui accède en 1/8ème de finale de Ligue des Champions, après avoir battu deux fois le finaliste de la précédente édition, l’Inter (5-2 sur l’ensemble des deux rencontres).
La vérité du football, c’est que l’argent n’est pas roi. Le financier soutient une politique sportive et sociale, mais n’est pas synonyme de réussite. C’est la même logique pour le PFC.
En route vers le maintien
En cas de maintien cette année, d’autres questions seront posées comme la fin de contrat cette saison d’Ilan Kebbal.
Et quid des rapports de force ? La famille Ferracci doit passer la main puisqu’ils ont vendu. RedBull n’a qu’environ 10% et assure uniquement le centre de formation.
C’est donc à Antoine Arnault de prendre ses responsabilités. Mais attention. Le football n’est pas un business où l’on fonce tête baissée et on voit ce qui se passe.
Dans cette industrie, le fautif doit assumer ses responsabilités. Ce sont les directeurs les responsables, pas les sous-fifres. C’est donc monsieur Arnault, en tant que Président et propriétaire qui doit commencer à diriger le PFC avec ses propres normes et sa vision. Et surtout pas celle des journalistes français qui murmurent à son oreille, sinon le club est en danger.
Et si le travail est trop lourd pour Antoine Arnault, qu’il n’hésite pas à faire comme en Angleterre. Il s’agit de nommer un manager, et non plus un simple entraineur. Cela serait osé et pourquoi pas, une véritable révolution sportive en Ligue 1. C’est bien ce qu’on attend de Paris pour pouvoir exister à côté de l’ogre voisin.

Le directeur sportif Marco Neppe a également rendu un hommage tout en langue de bois à l’ancien entraineur : « Au nom du Paris FC, je tiens à remercier Stéphane Gilli et son staff pour le travail accompli au cours des trois dernières saisons et à lui souhaiter pleine réussite pour la suite. »
La suite pour le club Parisien c’est la réception de Nice, suivi d’un déplacement à Lyon. Après cette 23è journée, et la victoire de Nantes sur Le Havre (2-0), six petits points les séparent du barragiste, mais également du premier relégable. Du pain sur la planche pour le Kanak.
