PARIS FC : La méthode Kombouaré porte déjà ses fruits

Le bon point ramené de Strasbourg est porteur de nombreux enseignements. Tout d’abord, ce Paris FC à la sauce Kombouaré ne sait pas perdre. Bilan en trois rencontres : une victoire à domicile (Nice), et deux matchs nuls en terres hostiles (Lyon, et donc Strasbourg). 

Certes, les Parisiens ont bénéficié du calendrier adverse. Pendant qu’ils profitaient d’une semaine entière d’entraînement, Gones et Strasbourgeois jouaient le jeudi soir. 

Les Lyonnais se remettaient de leur élimination en Coupe de France face à Lens, et préparaient leur 1/8 de finale d’Europa League face au Celta Vigo. Les Alsaciens, eux, revenaient d’un voyage à Zagreb, après leur victoire en Conference League (2-1) face à Rijeka. Mais cela n’enlève rien au mérite des hommes de Kombouaré.

Une solidité défensive retrouvée

Autre aspect positif depuis la prise de fonction du Kanak : le Paris FC ne prend (presque) plus de buts. En trois sorties, Kevin Trapp a gardé sa cage inviolée à deux reprises. Le portier Allemand ne s’est incliné que sur un pénalty de Corentin Tolisso, en toute fin de match au Groupama Stadium. Dans le jeu, il n’en a donc encaissé aucun. Pas surprenant quand on connaît la patte Kombouaré, mais la statistique reste impressionnante. 

Elle contraste surtout avec la fin de l’ère Stéphane Gilli. La gifle infligée par Lens à Jean Bouin en étant le pavillon témoin (0-5). Ce match a assurément condamné celui qui avait fait monter le club en Ligue 1.

L’éclosion de l’Italien Fabio Coppola, homme du match à Strasbourg, et la mise à l’écart de l’erreur de casting Otavio sont aussi à mettre à son crédit. Le Brésilien ne devrait plus être aligné, sauf suspension ou blessure. La charnière Mbow/Coppola, l’excellent interim de Camara en latéral droit, c’est aussi le travail de l’ancien technicien Nantais. 

Kombouaré voulait retrouver une assise défensive, et par la même occasion redonner confiance à un groupe qui semblait flancher psychologiquement. Une des raisons qui ont poussé Marco Neppe et Antoine Arnault a jeté leur dévolu sur lui. Le pari est plus que réussi dans ce domaine.  

Diego Coppola, homme du match à Strasbourg

L’avénement d’un nouveau trio au milieu ?

Lors de sa prise pouvoir, Antoine Kombouaré a pris une première décision radicale, en se passant de Maxime Lopez face à Nice. Il en avait fait de même avec son frère Julien, Kolo et Geubells, mais les trois derniers nommés n’avaient pas l’importance du milieu de terrain. Le Kanak avait aligné Lees-Melou et Munetsi, derrière Ilan Kebbal, placé en numéro 10.

Le Paris FC évoluait donc dans un 4-2-3-1 pour la réception des Aiglons. Le système privilegié à domicile ? Impossible d’avoir un avis définitif en une seule rencontre.

À Lyon et Strasbourg, Kombouaré a renforcer son milieu en installant Lees-Melou en pointe basse d’un triangle avec Munetsi et Matondo un cran au-dessus. Avec un certain succès. Une doctrine à l’extérieur ?

Rien n’est définitif, car son numéro 10 était forfait pour ces deux déplacements. Le niveau des adversaires devrait également peser dans les futurs choix du coach Parisien.

Dimanche face au Havre, Ilan Kebbal devrait être remis de sa blessure, et pouvoir tenir sa place. Sur l’aile droite, comme presque toujours sous Stéphane Gilli, ou dans l’axe derrière l’attaquant ? Ce choix pousserait le jeune Rudy Matondo sur le banc, et laisserait un décevant Jonathan Ikoné sur l’aile droite. 

Le grand perdant de l’histoire, pour l’instant, est donc Maxime Lopez. Après sa mise à l’écart face à Nice, l’ancien de Sassuolo est resté sur le banc par la suite. Cependant, rien n’est jamais figé avec Kombouaré.

Ciro Immobile en plein doute

Une attaque en berne

Malgré tous ses bons points, l’attaque parisienne est moins prolifique que sous Stéphane Gilli. Le secteur offensif pâtit de cette nouvelle solidité défensive. Assez logique quand on connaît le style de jeu de Kombouaré depuis le début de sa carrière. Mais ce n’est pas la seule raison. 

L’absence d’Ilan Kebbal a été préjudiciable à la construction du jeu parisien, et à créer le lien entre milieu et attaque. Joueur le plus décisif depuis le début de saison, son retour fera beaucoup de bien. En revanche, cela n’excuse pas tout. 

Son remplaçant, Jonathan Ikoné a été correct à Lyon, nettement plus en difficulté à Strasbourg. Tout comme Moses Simon, que l’on pensait ressuscité par Kombouaré. À La Meinau, le Nigérian est retombé dans ses travers. 

À la pointe de l’attaque, le constat est encore plus implacable. Ciro Immobile n’a toujours pas inscrit le moindre but en 6 matchs depuis son arrivée. Jean-Philippe Krasso est précieux dans le pressing et la conservation du ballon, mais souffre d’une inefficacité chronique. Quant à Geubells, il poursuit sa traversée du désert sans gourde. Désespérant. 

Depuis l’arrivée d’Antoine Kombouaré, un seul buteur : Marshall Munetsi, milieu de terrain. Le coach parisien va donc remettre son casque de chantier et se pencher sur cette pénurie de buts. On espère le déclic face au Havre dimanche à 17h15. Une victoire, et le maintien sera dans la poche, une victoire avec du panache ravirait Jean Bouin.